Le burnout parental est un phénomène assez peu connu et qui a été défini récemment. Selon Wikipédia :

Le burnout parental est un syndrome tridimensionnel caractérisé par la présence concomitante de trois symptômes spécifiques : un épuisement physique et psychique associé au rôle de parent ; une distanciation affective d’avec les enfants ; une perte d’épanouissement et d’efficacité dans son rôle parental.

Notre époque, dont le paraître et la réussite individuelle prennent une place toujours plus croissante, peut être pour beaucoup d’entre nous synonyme de stress contant. Nous en avons particulièrement fait l’expérience lors du confinement de mars à mai 2020 où nous devions à la fois assurer les tâches ménagères, poursuivre nos activités professionnelles… tout en assurant la classe à nos enfants.

Moi le premier j’avoue ne pas m’en être sorti avec gloire et honneur malgré mon statut d’enseignant. En réalité, je n’ai quasiment rien fait et c’est ma femme qui s’est occupée de la classe de mon grand. Comment se faisait-il que chaque jour depuis près de 13 ans je donnais cours sans m’énerver, avec efficacité et bienveillance, aux enfants des uns et des autres, et que je n’y arrivais pas avec le mien ? Je n’y arrivais pas car j’en attendais trop de lui et que je n’arrivais pas à me mettre à sa place et trouver son rythme. Je m’inquiétais trop et j’avais peur de ne pas parvenir à le faire progresser. Un comble pour un enseignant de soutien scolaire !

Tout compte fait, il est peu efficace pour un parent d’enseigner à son propre enfant. Il s’agit évidemment d’une généralité et je suis certain que d’autres s’en sortent brillamment et le font même toute l’année.

Le soucis réside toujours dans ce fameux stress, cette inquiétude, cette angoisse, de ne pas faire assez bien pour son enfant. Comment s’en sortira-t-il ? Quelles seront les conséquences si je ne suis pas à la hauteur ? Le sentiment de culpabilité devient rapidement assez insupportable. Pourquoi ?

A mon sens, il faut dans un premier temps prendre du recul et ne pas s’imaginer être responsable – coupable – de tout. Sans tomber dans un laxisme néfaste, un enfant possède sa propre individualité et sa part de responsabilité dans ses réussites comme ses échecs. Le but du parent n’est pas de tout prendre sur son dos, ni d’accuser son enfant de tout ce qui peut arriver de négatif.

Il ne faut pas non plus tomber dans le piège de l’orgueil : « mon fils doit réussir car c’est de famille. Qu’en penseront les voisins ? Tu veux finir caissier ? », j’en passe et des pires.

Ensuite, l’échec est absolument fondamental dans la construction de tout individu. Ainsi, blâmer ou se blâmer pour tout ce que l’on rate est selon moi contre-productif. Le meilleur moyen de progresser est – attention, banalité en approche – d’apprendre de ses erreurs.

Dès lors qu’on prend du recul, qu’on arrête de culpabiliser, qu’on s’accorde à tous le droit à l’erreur et qu’on prend l’éducation d’un enfant comme un partage réciproque, le stress redescend. L’apprentissage de l’enfant devient plus efficace. Les liens familiaux se resserrent.

Lors de nos cours nous insistons sur le fait que l’erreur a sa place et que le rythme de l’élève doit être respecté. Aucune pression sociale, ni enjeu de quelque manière que ce soit n’entraveront cette vision qui est la seule réellement valable si l’on veut que l’élève progresse correctement. Déléguer une partie de l’éducation de ses enfants à des professionnels n’a rien de culpabilisant ou honteux, au contraire.

Après tout nous ne sommes que des êtres humains.

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